En Belgique, acheter une voiture chez le concessionnaire familial du coin relève de plus en plus de la nostalgie. Le marché automobile belge connaît une concentration sans précédent : aujourd’hui, 34% des ventes de voitures neuves sont réalisées par les dix plus grands groupes du pays, soit deux fois plus qu’il y a sept ans. Ce sont les chiffres spectaculaires révélés par nos confrères de l’Écho. Ce bouleversement efface peu à peu le visage traditionnel du secteur, dominé autrefois par des enseignes locales et familiales.
La tendance s’inscrit dans un mouvement européen plus large, mais elle est particulièrement marquée dans notre pays. Selon l’étude 2024 du cabinet néerlandais Aumacon, les 50 plus grandes structures réalisent désormais plus de 63% des ventes de véhicules neufs en Belgique. Ce phénomène redéfinit la distribution automobile, jadis morcelée, mais aujourd’hui en voie d’unification.
Les nouveaux seigneurs de la route
En tête de cette vague de consolidation, des groupes tels que D’Ieteren (maître absolu sur l’axe Bruxelles-Anvers), les Néerlandais de Van Mossel ou encore Tesla, qui privilégie la vente directe via ses propres infrastructures. Leur stratégie : multiplier les acquisitions, renforcer leur présence géographique et rationaliser leur fonctionnement pour optimiser les marges.
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Ce recentrage s’accompagne de l’arrivée d’investisseurs étrangers qui bousculent les repères traditionnels. Le groupe suisse Emil Frey, via sa filiale Autosphère, est ainsi devenu l’un des principaux vendeurs du pays. En parallèle, des acteurs belges historiques comme Schyns, Louyet ou Valckenier ont embrassé cette dynamique de croissance forcée pour survivre, voire prospérer, dans un environnement ultra-concurrentiel, constate encore L’Écho.
Des rachats à la chaîne
Cette transformation s’opère surtout pour des raisons de rentabilité. Confrontés à des marges de plus en plus faibles, les petits concessionnaires n’ont souvent eu d’autre choix que de vendre ou de se réorienter. Beaucoup se sont reconvertis en garages multimarques spécialisés dans la réparation, abandonnant la vente de véhicules neufs devenue trop exigeante en investissements.
La stratégie dite de « market area » a été un levier décisif dans cette mutation. Elle a redessiné la carte de la distribution automobile belge en zones exclusives, chacune confiée à un acteur majeur.
Selon les spécialistes du secteur interrogés par L’Écho, cette consolidation n’est pas terminée. Pour Aumacon, elle devrait s’accélérer encore, à l’image des Pays-Bas, où les dix premiers groupes réalisent déjà une vente sur deux. Mais comment ces groupes parviennent-ils à s’y retrouver ? C’est assez simple en fait : plus on est gros, plus on peut négocier en direct avec le constructeur et avoir des prix, donc des marges. Et, évidemment, cette stratégie profite à ces grands groupes, car, sauf cas exceptionnel de besoin de déstockage, ce n’est pas l’acheteur final qui profitera de ces négociations.
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